29/11/2025
« Locarno » .. Retour sur une conférence à Versailles : Il y a cent ans, ils ont cru à la paix...
La conférence a bien eu lieu à Versailles, ce vendredi 28 novembre (2025), mais le public s’est retrouvé transporté un siècle en arrière, sur les rives du Lac Majeur, à la frontière italo-suisse, dans le Tessin, au mois d’octobre 1925, à LOCARNO.
Ce 28 novembre, Christine de Mazières présentait en effet son dernier roman « Locarno ». ( photo, Edition du Seuil) L'histoire se déroule sur les rives du lac Majeur, au moment des pourparlers de Locarno menés en octobre 1925 par Aristide Briand et Gustav Stresemann.
Cette conférence était organisée par l’Association de Jumelage
Versailles-Potsdam, en partenariat avec le Mouvement Européen des Yvelines.(crédits MEY)
Après avoir d’abord publié des essais, la magistrate et haut fonctionnaire à la Cour des comptes, Christine de Mazières s’est lancée dans le roman, « Trois jours à Berlin », ceux de la chute du Mur, « la Route des Balkans », qui évoque le parcours des migrants vers l’Europe, et aujourd’hui, Locarno, dont le thème porte sur le pacte signé à l’automne 1925 dans cette ville du Tessin.
Née d’une mère allemande et d’un père français, qui avaient vécu enfants la fin du terrible conflit et souhaitaient intensément la construction européenne, Christine de Mazières a reçu une éducation biculturelle. Dans ce roman, elle remonte aux racines du premier couple franco-allemand formé par Aristide Briand et Gustav Stresemann, « un couple que tout le monde a oublié » (source, journal « La Vie »). ( photo ci-dessous crédits MEY)

Dans son roman, l’écrivaine met en scène une jeune Française, journaliste, Louise, réfugiée en Suisse au début de la Première Guerre mondiale pour avoir aimé Hans, un Allemand dont elle a eu un enfant, Elle espère une paix durable, et apprendre aussi ce qu’est devenu Hans.
Dans la réalité de 1925, les négociations du Pacte de Locarno ont été extrêmement
complexes. ( photo, séance du 16 octobre1925) Mais les deux négociateurs, G. Stresemann et A. Briand que tout semblait opposer, ont compris ce qu'était l’intérêt général, comment on pouvait travailler ensemble et avancer pas à pas. En fait, ils avaient compris ce qu’étaient des négociations diplomatiques, celles qui inspireront Jean Monet et Schuman et n’ont rien à voir avec des deals basés sur des rapports de force.
La crise de 1929 a fin à ce moment d’espoir. Stresemann est décédé un peu avant la crise financière de 1929 et A. Briand en 1932. La crise économique qui a suivi a abouti à la montée des extrêmes et de Hitler qui ont conduit à la guerre.
Locarno et son rêve de réconciliation ont été oubliés. Cependant, en remontant « aux racines du premier couple franco-allemand formé par Aristide Briand et Gustav Stresemann » (photo Wikipédia, les deux hommes à la Société des Nations 1926), Christine de Mazières fait revivre un moment de notre histoire qui a posé "les bases de la construction de l’Europe" et la prise de conscience d’une "destinée européenne commune".
Au moment où l’Ukraine est au centre de tractations dont l’enjeu est majeur pour la sécurité du continent, Locarno pourrait servir, sinon de modèle, au moins à encourager les partenaires chargés de sortir du conflit. Encore faut-il pour cela vouloir vraiment la paix.
« Nous nous sommes vautrés dans le sentiment que la guerre ne reviendrait pas. Mais elle ne cesse jamais », déplore la romancière. Les cloches de Locarno sonnent. La récréation serait-elle terminée ? (Edition du Seuil)
22:34 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mouvement europeen yvelines, locarno




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